Pour une gestion durable de la ressource en eau – Dossier Municipales 2026
La gestion durable de la ressource en eau : comprendre et agir
Ce document est une synthèse de nos recherches et réflexions sur le sujet en lien avec notre territoire. A retrouver davantage développé et documenté dans cette présentation.
Définition
Gestion durable = gestion d’une manière et à une intensité telles que soient maintenus la capacité à satisfaire actuellement et pour le futur les fonctions écologiques et les attentes économiques et sociales.
Une gestion durable suppose de préserver la qualité de la ressource ainsi que sa disponibilité, alors que nos activités et l’évolution du climat la menacent. Ou comment limiter les effets négatifs de l’action humaine sur l’environnement et éviter la pénurie de cette ressource naturelle.
Comprendre
1/ Les apports naturels (généralités et contexte local)
Répartition de l’eau sur Terre
Eau salée : 97,5 % (océans, mers). Eau douce : 2,5 %, principalement dans les glaciers et les aquifères souterrains. Moins de 1 % est accessible pour l’usage humain.
Le cycle de l’eau est le processus naturel par lequel l’eau circule sur Terre en passant par ses états liquide, solide et gazeux. Essentiel pour le renouvellement et la disponibilité de l’eau douce.
Les précipitations (données de la station de Saint-Auban)
Les précipitations annuelles restent relativement stables autour de 750 mm/an, mais la répartition saisonnière évolue rapidement vers une sécheresse plus marquée.
Sur 60 ans les précipitations annuelles sont censées rester relativement stables, mais la répartition saisonnière évolue (station de Saint-Auban).
Le mois de février devrait voir 40% de précipitations en moins.
Les mois de juillet et août verront aussi une diminution sensible des pluies, tandis que les mois d’octobre et novembre devraient être beaucoup plus arrosés.
Les aquifères (masses d’eau et nappes)
Aux piémonts de Lure et du Plateau d’Albion, les nappes se situent dans les formations gréseuses et marno-calcaire tertiaires.
Dans ces terrains sédimentaires poreux semi-perméables, les masses d’eau sont alternativement libres et captives. La montagne de Lure pour sa part est un secteur karstique qui ne renferme pas de masse d’eau captive. C’est un vaste aquifère qui alimente le Vaucluse.
La nappe de la Durance alimente de nombreuses communes par le biais de la conduite du plateau d’Albion.
Les cours d’eau
Nos rivières principales (le Lauzon, le Largue et la Laye) sont alimentées par un dense réseau de ruisseaux, de rus et de riailles.
Ces ressources superficielles sont déficitaires.
2/ Des enjeux à large échelle, multiples et interdépendants
Influences humaines sur le cycle de l’eau
Consommation domestique : prélèvement dans le milieu naturel > potabilisation > stockage > distribution > consommation > rejets > collecte des eaux usées > traitement des eaux usées > retour au milieu naturel
Aménagement du territoire et modification des sols : urbanisation, transports, barrages, détournement de rivières, déforestation…
Usage intensif pour l’agriculture, l’industrie, dessalement…
Pollution : contaminants agricoles et industriels nuisant à la qualité de l’eau…
Impact du changement climatique
Modification des régimes de précipitation, augmentation de la fréquence des événements extrêmes (inondations, sécheresses…), élévation du niveau des océans, acidification des eaux…
Conséquences pour l’humanité et les écosystèmes
Diminution des ressources et compétition accrue pour l’eau douce, inégalités d’accès, risques pour la sécurité alimentaire, déplacements des populations côtières, perte de biodiversité…
3/ La question agricole sur notre territoire
Notre territoire héberge peu d’industriels mais beaucoup d’agriculteurs. L’eau leur est indispensable. Toutefois la plupart des terres ne sont pas irriguées.
Terrains agricoles sur le bassin versant du Largue : surface occupée par l’agriculture 14 751 ha dont 78 % de cultures non irriguées
Terrains agricoles sur le bassin versant du Lauzon : surface occupée par l’agriculture 7115 ha dont 74 % de cultures non irriguées 5 533 ha
4/ Prélèvement et consommation
L’eau prélevée n’est pas nécessairement consommée, la partie non consommée retourne au milieu naturel sous l’appellation de rejets. Problème, cette eau rejetée a manqué au réseau naturel lors du prélèvement, et elle a été modifiée.
Les usages domestiques sont ceux qui rejettent le plus d’eau. Les activités agricoles sont celles qui consomment le plus d’eau.
Agir
1/ Rénover les conduites d’eau
Les gains sont évidents lorsque l’on sait que sur le territoire de la CCPFML la moyenne des pertes en 2025 est de 30%.
2/ Outils, modèles et ressources pour l’agriculture
Les plans de gestion de la ressource en eau (PRGE)
L’objet d’un PGRE est d’organiser le partage de l’eau et de mettre en œuvre les actions afin de rétablir ou de préserver l’équilibre quantitatif des cours d’eau et des nappes.
Le PGRE du LARGUE et celui du LAUZON sont consultables en ligne.
D’autres modèles possibles à l’échelle de notre territoire
L’hydrologie régénérative rassemble les pratiques de conception et d’aménagement qui permettent de :
ralentir, répartir, infiltrer et stocker dans les sols, les eaux de pluie et de ruissellement ;
densifier la végétation, cultivée ou non, pour renforcer les écosystèmes et favoriser leur adaptation face aux problématiques de sécheresses, d’érosion, de canicules, d’inondations, de fertilité, en misant sur les relations d’interdépendance.
Et aussi, en bref : couverture des sols, apports de matières organiques, agroforesterie, intégration culture-élevage, réaménagement du territoire (forêt, urbanisme, industrie, agriculture…)
Des pistes à creuser auprès des collectivités
Accompagner techniquement et financièrement les agriculteurs d’une même commune/zone de captage/bassin-versant pour les amener au changement de pratiques
Valoriser les productions agricoles des agriculteurs en local à travers l’application de la loi EGALIM
Mettre en place les principes de l’hydrologie régénérative
Valoriser les déchets verts produits sur le territoire
Recréer des espaces d’échanges entre les agriculteurs, les habitants et les élus
Aides aux collectivités
De très nombreux programmes d’aide permettent aux collectivités d’intervenir pour rénover, sensibiliser sur le cycle de l’eau et le protéger.
Un large inventaire de ces aides est réuni sur eaudelure.org : « boite à outils de la gestion publique de l’eau »
3/ Informer, sensibiliser le public
Sur les usages et les gestes économes.
Pour faire comprendre l’urgence et la complexité des enjeux. Mais aussi pour donner envie.
Par un atelier/jeu interactif et collectif : la « fresque » adaptée au territoire (en cours de réalisation)

L’ensemble du dossier « Municipales 2026 : les enjeux de l’eau »
→ Synthèse n°1 – Assemblée citoyenne et gestion de l’eau
→ Sept questions pour engager le débat, c’est ici.
→ Synthèse n°2 – La tarification de l’eau : entre défi et responsabilité
→ Synthèse n°3 – La gestion durable de la ressource en eau : comprendre et agir
A paraître dans les prochains jours :
→ Synthèse n°4 – La mutualisation : une clé pour la gestion publique de l’eau
→ La boîte à outils de la gestion publique de l’eau
→ Compte rendu de sondage « Le stress hydrique, une préoccupation des maires pour le prochain mandat »
